Les vestiges de l'innocence | Chapitre 1 - Partie 1
Introduction
Le passé a une étrange manière de ressurgir, surtout lorsqu’on pense l’avoir oublié. Pour Khalil, chaque nuit est un voyage forcé dans des souvenirs qu’il ne comprend pas encore totalement. Des cauchemars récurrents, une voix familière qui l’appelle, une disparition inexpliquée… Tout semble le ramener à un passé qu’il croyait figé dans le marbre.
Dans ce premier chapitre de Les Vestiges de l’Innocence, nous plongeons dans l’esprit tourmenté de Khalil, un jeune homme hanté par des visions de sa mère et le mystère entourant son amie disparue, Saly. Ce réveil en sursaut marque le début d’une quête qui le mènera à la vérité. Mais est-il vraiment prêt à affronter ce qu’il va découvrir ?
Chapitre 1 : La famille Tandian
Partie 1 : Le réveil des souvenirs
Dans l'obscurité d'une chambre en désordre, où des livres traînaient sur le sol et des vêtements gisaient en boule au pied du lit, on aurait facilement pu croire que la pièce appartenait à un enfant. Des jouets de son enfance encore éparpillés sur une étagère, des posters fanés des héros de son enfance aux murs, tout semblait figé dans le temps. Mais au centre de ce chaos, allongé sur un lit défait, Khalil bougeait nerveusement, ses mouvements agités par quelque chose d'invisible. Ses sourcils froncés, son visage marqué par la tension. Dans son esprit, il entendait cette voix — la voix de sa mère. Ce n'était pas des mots clairs, mais plutôt des murmures, des gémissements... Des appels à l'aide, comme si elle essayait de crier, mais que quelque chose l'en empêchait.
Le malaise montait en lui, oppressant sa poitrine, accélérant son souffle. Puis soudain, tout bascula.
"Maman !" cria-t-il en se redressant brusquement, couvert de sueur. Son cœur battait à tout rompre, ses mains tremblaient légèrement. Le monde autour de lui semblait flou, indistinct, comme si une partie de lui était encore prisonnière de ce cauchemar. Encore ce rêve. Le même. Toujours le même cauchemar depuis des mois. Il enfouit son visage dans ses mains, essayant de calmer les battements frénétiques de son cœur.
Cela faisait combien de temps maintenant ? Depuis la disparition de Saly, les nuits de Khalil étaient hantées par cette vision obsédante. Son esprit, habituellement si rationnel, semblait incapable de comprendre ce que tout cela signifiait. Saly... pensa-t-il, son cœur se serrant à la simple évocation de son prénom. Comment avait-il pu perdre celle qui comptait tant pour lui ? Ils étaient si proches, comme deux âmes sœurs. Il se souvenait encore de leurs rires, de leurs discussions interminables, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Leur connexion allait bien au-delà des mots, comme s'ils étaient deux moitiés d'un tout.
Qu'est-ce qui avait mal tourné ? Comment était-il possible qu'elle soit partie sans laisser de trace ? Tant de questions, et aucune réponse.
Frustré, Khalil repoussa ses draps et se leva avec lourdeur. Son corps, fatigué par des nuits sans sommeil, semblait peser une tonne. Il se dirigea vers la salle de bain, traînant les pieds. Devant le miroir, il observa longuement son reflet. Ses yeux, rougis par le manque de sommeil, trahissaient une vie plus compliquée qu'il ne l'aurait imaginé. Il passa une main dans ses cheveux, essayant de chasser les pensées sombres qui s'attachaient à lui.
"C’est quoi ces rêves qui ne me lâchent pas ?" murmura-t-il en fixant son reflet. "Maman... Saly... Pourquoi ?" Sa voix se perdit dans le silence de la pièce, tandis que son esprit vagabondait, plongeant dans les souvenirs de son enfance.
Il se souvenait d'une époque où tout semblait si simple. Une enfance radieuse, entourée d’un père qu’il idolâtrait. Raphaël Tandian. Le nom seul évoquait la force, le charisme, l’autorité. Un homme qui veillait constamment sur lui, lui offrant tout ce qu’un enfant pouvait rêver d’avoir. Khalil sourit légèrement à cette pensée. Il se disait souvent qu'il aurait pu mal tourner, devenir capricieux ou égoïste. Mais son père avait toujours été là pour le guider, pour lui montrer le droit chemin. Maman, quant à elle... soupira-t-il. Elle était absente, elle avait péri dans un accident tragique, et cela, il l'avait accepté comme une vérité gravée dans la pierre.
Sa vie était paisible, structurée. Une enfance joyeuse, rythmée par ses aventures avec sa meilleure amie, Safia, avec qui il partageait tout. Ils faisaient les quatre cents coups ensemble, même si elle était trois ans plus jeune. Pour lui, Safia était comme une petite sœur, toujours là pour l’écouter, pour le soutenir.
Et puis vint Saly. Il se souvenait du jour où elle était entrée dans sa vie. Une nouvelle élève, brillante, ayant obtenu une bourse pour rejoindre leur école. Au départ, il ne voyait en elle qu’une concurrente féroce, quelqu'un avec qui il devait rivaliser pour les meilleures notes. Mais cette compétition s'était vite transformée en quelque chose de bien plus profond. Leurs conversations, leurs échanges... Chaque moment passé ensemble renforçait leur lien. C’était comme s'ils terminaient les phrases de l’autre, comme s’ils pouvaient lire dans l’esprit de l’autre.
Mais, Safia... Elle avait été la première à remarquer ce qui se passait. Jalouse, peut-être. Ou bien simplement protectrice. Khalil secoua la tête, repensant aux moments où Safia tentait de semer la discorde entre lui et Saly. En vain. Leur amour était trop fort. C’était le coup de foudre, une relation que personne ne pouvait briser. Ou du moins, c’est ce qu’il croyait...
Jusqu'à ce jour.
Dans la lumière crue du matin, Khalil revit cette journée fatidique. C'est là que tout avait commencé. Ce jour où les cauchemars avaient pris le dessus. Ce jour où Saly avait disparu sans explication. Ce jour où le passé qu'il croyait enterré avait refait surface.
Un frisson le parcourut. Qu'est-ce que ce rêve essayait de lui dire ? Pourquoi les cris silencieux de sa mère refusaient-ils de quitter son esprit ? Il sentait qu’il y avait quelque chose de plus grand, de plus sombre, qui se cachait derrière ces visions.
Il secoua la tête. Une chose était claire : pour comprendre ce qui se passait, il devait se plonger dans son passé. Et ce passé, il le savait, commençait avec son père. Raphaël Tandian.
Vous pouvez lire le 🫴🏾 Chapitre 1 - Partie 2



Ça sent un triangle amoureux. Hâte de voir la suite !
RépondreSupprimerHmm… les sentiments ont leur propre logique. Ce qui semble simple peut vite devenir complexe. Tu peux lire la suite !
SupprimerJ'aime beaucoup M. Diatta, et hâte de lire la suite. L'intrigue est au top pour nous pousser à attendre la suite. Merci beaucoup 😘
RépondreSupprimerAh M. Diatta… il a son petit fan club déjà ? 😅 Merci beaucoup pour ton retour, ça me motive à fond pour la suite. Et crois-moi, tu n’as encore rien vu 😏🔥
SupprimerC'est super et très intéressant ça motive .
RépondreSupprimerMerci infiniment ! 🙏🏾
SupprimerC’est exactement ce que je cherche à faire à travers Les Vestiges de l’Innocence : toucher, faire réfléchir… et peut-être, motiver aussi.